vendredi 30 mai 2008

catching up (rattrappage)


Kasumaay!

piouf, me voilà à nouveau posée à Zig pour le WE.

petit récapitulatif.

je suis arrivée en Casamance il y a 1 mois de cela. on m'avait bien dit qu'en général, on rechignait à en repartir... je vais bien finir par quitter la région, un de ces 4, mais le séjour s'avère finalement plus long que prévu. de 1 mois intialement, je vais tout compte fait y passer près de 2 mois. il est vrai que le charme opérant de l'environnement et de l'atmosphère y ont un rôle à tenir, mais le fil conducteur est bien sûr l'avancement du projet. nous avons débuté, Guillaume et moi, notre campagne en brousse il y a 3 semaines. après quelques jours de préparation à Ziguinchor, nous nous sommes lancés à l'assaut de village number 1: OUONCK.

Guillaume, nos 2 facilitateurs (et traducteurs et "guides" culturels) Alimatou Diao et Yoro Badji, et moi.
NB: les facilitateurs sont les "profs" chargés d'enseigner le programme Tostan dans les villages et recrutés localement.

OUONCK'S GOT THE FONCK
(mais je vous en reparlerai plus tard)

notre but, à Ouonck, était de travailler avec un petit échantillon représentatif du village (femmes, ados, hommes) afin d'élaborer la structure d'une méthode d'initiation à l'utilisation des SMS/textos. avec un groupe de 5 puis de 25 personnes, nous avons donc mis au point, en l'espace de 2 semaines, un programme prenant en charge des utilisateurs à nniveau de compétences zéro. toute notre stratégie repose sur la Théorie du Manguier, que je ne dévoilerai pas ici (secret de fabrication). en tous cas, merci le FLE et les cours de didactique et autre pédagogies..! (et bien sûr à l'Alliance Française de Bombay, les gens concernés se reconnaîtront).

après ces 2 semaines à Ouonck (que nous avons quitté avec regret et pratiquement les larmes aux yeux...), nous nous sommes séparés, Guillaume partant avec Yoro d'un côté, moi avec Alimatou de l'autre, pour aller expérimenter la méthode toute fraîche sur d'autres villages. je reviens donc tout juste d'une courte semaine à Oulampane, petit village de bord de route. beaucoup moins funky que Ouonck, mais sympa tout de même.
après cette semaine de mise en pratique, il semblerait que notre ébauche de méthode fonctionne plutôt bien. il nous reste encore 3 villages pour la parfaire. et il me reste donc un peu moins d'1 mois en Casa avant la fin de ma mission.

j'ai peine à croire que j'en suis à la moitié de mon séjour au Sénégal...

bref. j'ai la sensation d'avoir rencontré 10mille personnes en si peu de semaines, d'avoir mangé une demi-tonne (un quintal?) de mangues et bu un hectolitre d'eau!
on peut dire que j'ai vécu, quoi..

(ah oui, et aussi je suis hyper bronzée, c'est abusé!) ;)

voilà pour les nouvelles, mes bien-chers!

je continue ma lutte implacable contre internet pour mettre à jour le site autant que faire se pourra.
bisesbises soumsoum

Carabane Aller/Retour


Petit WE, il y a 3 semaines (déjà??!), sur la roots île de Carabane, à 1 ou 2 heures de route de Zig (le facteur X étant maître en matière de transports ici), près de l'embouchure du fleuve Casamance. Carabane fut le foyer d'implantation des premiers comptoirs français de la région (1836-1900).
Après de légères tribulations pour s'y rendre ne nous attendaient plus que le calme, le clapotis des vagues, l'extravagance du vent et la volupté de ce climat enchanteur...

Allez, en pirogue! Je vous offre un aller-retour pour Carabane



départ d'Elinkine









(ouioui, y a des cochons au Sénégal) (!)




arrivée à l'auberge "Le Barracuda". demi-pension, plein de poisson frais pêché maison...


lors de ma petite promenade de l'après-midi, ayant pour visée finale de trouver un coin où poser ma serviette pour une sieste à l'ombre d'un palmier...








...j'ai rencontré l'aimable Nicolas, qui a construit son bar dans les racines d'un fromager

















...et enfin je me suis posée










Carabane c'est petit, y a pas beaucoup de monde et c'est très calme à l'heure de la sieste. malgré tout ça, il est peu probable d'y être seul(e) plus de quelques minutes à la fois, même quand on fait semblant (ou non) de dormir!
j'ai donc rencontré pas mal de monde. l'un partait, l'autre arrivait. je dois avouer que j'aurais bien fait une pause pour rêvasser et m'assoupir, et que ça peut parfois être agaçant quand on vous empêche de le faire, avec insistance et contre votre gré... mais j'ai entendu de drôles d'histoires, et ça vaut toutes les siestes du monde. au Sénégal, tout le monde a une histoire à raconter. certains jours, je rêve d'avoir un magnétophone greffé dans l'oreille et un stylo au bout des doigts, pour les écrire toutes ces histoires...




Ibrahima, piroguier de son état.
me montre la prise de ce matin qui nourrira sa famille au repas de dimanche midi.





"ça va?" en diola




Thiass, chanteur, danseur et fils de griot. Fabricant de chapeaux de paille et de petits pagnes. Rasta. En ce dimache 11 mai 2008, 27ème anniversaire de la mort du King of Reggae, Bob Marley, Thiass était en grève pour célébrer la date et se plaignait qu'il n'y eût aucune manifestation de commémoration organisée à Carabane. il m'a raconté sa vie, a poussé la chansonnette, et m'a sorti une phrase magnifique, anodine, dans l'enthousiasme de la conversation, et que je me dois de rapporter ici:
"Tu sais, la danse, ça dilate les organes"


















retour à Elinkine, sur la terre ferme. on est Lundi de Pentecôte, la région a une forte concentration de chrétiens, les gens sont rassemblés pour l'occasion







































samedi 17 mai 2008

interruption technique

hey ho!

après plusieurs heures passées à trier et tenter de télécharger les photos des 2 semaines passées, je m'avoue vaincue, la nonchalance du net aura eu raison de moi. ce qui fait qu'il ya un paquet de photos pour vous, mais qu'elles devront attendre.
bref, je m'intéresse à l'idée de tout mettre sur Picasa très bientôt, pour vous y donner un plus libre accès, mais cela va dépendre de mon temps libre, de ma connexion et de la présence ou non d'électricité! affaire à suivre, donc.

samedi soir. il fait une chaleur de derrière les fagots...
l'heure de prendre la douce du soir et de se préparer à aller dîner.

douce soirée les amis!

lundi 12 mai 2008

Cap Skirring, dans la Kabrousse

Ohlàlà, j'ai déjà 2 semaines de retard dans mon récit, et en plus je vais mélanger les épisodes! Bon, tant pis, on se lance... Ce matin, je suis rentrée à Zig pour le WE, après notre 1ère semaine passée au village (le 1er d'une série de 6). Semaine très très très enrichissante et pleine d'émotions à Ouonck.
OUONCK'S GOT THE FONCK!

Revenons à nos moutons. Il ya 2 semaines nous débarquions en la douce Casamance. Samedi et dimanche: Déclaration d'Abandon au village de Diégoune. J'y reviendrai.
On a tellement souffert de la chaleur (et de l'attente, il faut bien le dire aussi!) que le dimanche soir, une fois que tout était fini, notre seule envie était... LA PLAGE!
Direction la plage, donc, en 2 voitures et 10 personnes. Spot choisi: Cap Skirring, réputé avoir les plus belles plages du pays. Arrivés de nuit à l'Auberge de la Paix, que nous avions pratiquement pour nous seuls, la saison se clôturant précisément le lendemain de notre arrivée, nous avons eu l'excellente surprise de nous réveiller les pieds dans le sable, juste au bord d'une magnifique plage de sable extrêmement fin. Petite pensée pour mon île, Ko P****, en Thaïlande... des km de sable...



















l'autre là* c'est Ibou, le pote de Francisco, danseur et percussioniste, tout à fait sympathique et fort intéressant au deumerant!

*(expression fréquemment usitée ici afin de désigner une personne, même présente)





jumping picture
Adrianna & Emilio


la shower picture


la j'me mets de la crème après-soleil picture







bref, petit WE sur lundi-mardi, plage, sable, sieste et farniente. on en avait bien besoin et ça a fait du bien par là où c'est passé!

vendredi 9 mai 2008

LA CROISIERE S'AMUSE, part 2










Dakar-Ziguinchor: 20h-12h.
Avec un peu de persuasion et un grand sourire, on a obtenu le tarif étudiant (incroyable, même en France on refuse de me l'accorder de plus en plus souvent sous prétexte que je suis... 'déjà trop vieille'! on n'arrête pas le progrès). Du coup, petite cabine de 8 lits, ressemblant à s'y méprendre à une chambrée de colo! (la clim et la radio en plus)
Ambiance colo, donc...




Isaak, a bottle of frozen juice and some straws for room 302 please!





le lendemain, débarquement au port de Zig sur les coups de midi,



sous une chaleur de plomb, dans une ambiance moite et tropicale.
bienvenue dans le pays de "La Fatigue"!


LA FATIGUE: concept très intéressant et très présent qui englobe différents types de manifestations, lesquelles peuvent s'assimiler à une sorte de maladie frappant au hasard et de façon incontrôlée les gens qui se dépensent trop (ou qui sont censés le faire), les empêchant ainsi d'être actifs en les forçant au repos (!)

NB: mon petit doigt me dit que ce concept va plaire à certains d'entre vous que je connais!
;)

jeudi 8 mai 2008

love... exciting and new... come aboard... we're expecting yooooou... (LA CROISIERE S'AMUSE aka BoozeCruise, part 1)

Bien-chers lecteurs,
me revoilà 'un peu' posée (pour quelques jours quoi!),
avec du temps et du wifi.


Quel WE mes amis!

L'idée générale était de descendre en Casamance, la région la plus au sud du pays, juste au-dessus de la Guinée et de la Guinée-Bissau, pour assister ce dimanche 4 mai 2008 à la Déclaration d'Abandon de l'Excision et des Mariages Précoces et Forcés du village de Diégoune, associé dans l'engagement à 90 communautés Diola-Fogni du Département de Bignona.


On s'est donc décidés à prendre le bateau pour descendre depuis Dakar le vendredi soir. C'était ça ou 8 à 9 heures (dans le meilleur des cas) coincés dans un 7places sur des routes pas top et traverser la Gambie et galérer avec les douaniers gambiens qui sont, paraît-il, peu commodes avec les ressortissants français. (ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai même pas une vague idée).
Comme la Casamance est une région un peu "chaude" du fait de la présence de rebelles et de pirates de la route, moult gens m'ont déconseillé la voie terrestre.

Sénégal: Insécurité en Casamance
16 personnes se font couper une oreille
La région de Ziguinchor renoue encore avec la violence.
Hier, mercredi 7 mai, 16 personnes ont été violentées par des éléments armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) au moment où ils ramassaient des noix de cajou dans la forêt entre le village de Temp et de Niaféna. La bande de malfrats après avoir dépouillé les paisibles cueilleurs surpris et désarmés de tous leurs biens portables, argent, bijoux, leur ont coupé une oreille comme si elle entendait ainsi les punir et envoyer un message. A qui ? Pourquoi ? Le crime en tous les cas s'est passé entre 12h et 13h, a soutenu une des victimes.
Les 16 personnes ont été admises aux urgences de l'hôpital régional pour les premiers soins. Les frais d'ordonnances ont été à la charge des parents des blessés qui ont regretté l'absence de réaction des autorités.
Les victimes sont persuadées qu'elles ont eu affaire aux maquisards du Mfdc. Selon elles, le messager de leurs agresseurs le confirme : « la nourriture ne se trouve pas dans la brousse mais dans les maisons ».
La lâche agression aux allures punitives d'hier s'ajoute à une recrudescence de l'insécurité qui fait que les populations sont de plus en plus désemparées. Elles se sentent de plus en plus menacées et ne savent plus où tirer les ressources pour nourrir leurs familles. "Nous n'avons que la terre. Avec ce qui vient de se passer, je ne pense pas que nous aurons le courage de repartir dans ce milieu" a déclaré M.Dramé, un habitant de Ziguinchor choqué par le drame. Lui et tous ses compatriotes de la région attendent une aide de l'Etat pour sortir de cette crise.

Source: Sud Quotidien (Dakar)
Par Denise D.Zarour
Publié le 8 Mai 2008




Bref, petite équipée fort sympathique de 6 personnes:
Cathi l'américaine, Adrianna l'argentine, Emilio de Porto Rico,
Graham le british, Guillaume le bordelais & moi-même.



Après un départ fort tardif (un insidieux sentiment de début de vacances enkylosant notre dynamisme et notre promptitude au mouvement), une course-poursuite en taxis et un largage au mauvais port, on a fini par arriver à bon port, vaguement last minute pour l'enregistrement.









Petite attente au port, où nous devions retrouver Issa, notre superviseur au bureau de Dakar, chargé de nous remettre les téléphones portables, le Blueberry, les cartes sim et le budget de la mission "SMS project". Folklo, la transaction!



petit "café Touba" pour l'attente...
vous admirerez, au détour, les jolies poussettes à café


Mr.President
(Abdoulaye Wade)




après un certain temps au Sénégal, on se rend compte qu'il y a
deux choses que l'on apprend malgré soi et par la force des choses:
1) on apprend à transpirer
2) on apprend à attendre
OUI MAIS tout cela dans la joie et la bonne humeur!



les vendeurs de recharges téléphoniques d'une marque colorée..
on les croise partout dans les rues ou encore à slalomer entre les voitures dans les embouteillages ou aux feux rouges

Les réseaux de téléphonie mobile explosent dans les pays en voie de développement ou émergents. Des systèmes de crédits prépayés, de recharges et de puces peu chères ont considérablement favorisé l'expansion du téléphone mobile.


"Pour avoir une idée de la rapidité avec laquelle le téléphone mobile s'est imposé sur le marché mondial, il suffit de s'intéresser aux chiffres des ventes.
Selon des statistiques réalisées par la banque de données commerciales Wireless Intelligence, il a fallu près de 20 ans pour atteindre le premier milliard d'appareils vendus à travers le monde. Le second milliard s'est vendu en 4 ans, le troisième en 2 ans seulement. 80% de la population mondiale vit désormais dans une zone couverte par du réseau, ce qui est le double du pourcentage relevé en 2000.
Les données communiquées par l'Union Internationale des Télécommunications montrent qu'à la fin de l'année 2006, 68% des souscriptions mobiles se localisaient dans les pays en voie de développement. En Afrique par exemple, on relevait environ 500.000 téléphones (mobiles et fixes confondus) en 2000. Aujourd'hui, on en compte plus de 30 millions, dont la plupart sont des mobiles. De fait, de plus en plus de pays semblent abandonner les opérateurs téléphoniques d'état. Contrairement aux lignes fixes, qui reviennent cher à l'installation et à l'entretien et qui, par ailleurs, imposent aux clients d'être en mesure de fournir une adresse permanente et de payer une facture mensuelle [...], le téléphone mobile est plus équitable, du moins jusqu'à un certain point."
Source: Can the Cellphone Help End Global Poverty?
Selling to the Other Three Billion.
Par Sara CORBETT

Publié le 13 avril 2008
dans le New York Times


Puis est venue l'heure d'embarquer. Après avoir traversé une pléthore de contrôles de passeports, nous nous sommes dirigés
vers le bateau (à vrai dire, un mini-bus nous a fait parcourir les 102 mètres qui nous séparaient de l'appareil!
mesure de sécurité ou excès de zèle?!).

Bateau à la vue duquel s'est exclamée Cathi: "Oh, what a sexy boat!"
En effet, il était sexy, le boat.




et c'était parti mon kiki!